Reflexions sur la modernisation autoriaire. 1989

.In: "Pierre Gremion - Pierre Hassner. Vents D'Est". Presses Universitaires de Frances. 1990 (p.59-68)

Oleg Roumiantsev (Juin 1989)

Reflexions sur la modernisation autoritaire

 L'Union soviйtique traverse une pйriode politique parti­culiиrement dense et intense. Les problиmes sйrieux se mul­tiplient sans que l'on ait toujours le temps de les comprendre et de les dominer. Ils se perdent dans un torrent de platitudes «pro-perestroпka» ou bien sont emportйs dans le tourbillon de l'activisme politique. Les aspirations dйmocratiques se dйve­loppent dans un contexte de crise du systиme des valeurs. En effet, le caractиre transitoire de la pйriode actuelle entraоne une йrosion de la conscience sociale et une dйvaluation du socialisme. Il convient de s'interroger sur la logique de la rйforme, sur sa nйcessitй, sur sa mise en њuvre, et de poser aussi la question suivante : existe-t-il une alternative raison­nable а la politique prйsente ?

La «rйvolution par en haut»

La formule «rйvolution par en haut» peut s'appliquer а l'expйrience de modernisation actuelle en URSS. L'appareil idйocratique a bien supportй les premiиres йpreuves de la perestroпka. Aprиs les hйsitations initiales, il s'est mis au diapason : il a rectifiй son penchant vers la gauche, il a rй­organisй ses forces et il s'est lancй dans la rationalisation de ses structures. Bref, il s'est conformй aux exigences de la mo­dernisation autoritaire. Car il ne s'agit pas, contrairement а ce que pensent certains, d'une modernisation libйrale. Pour­tant la nouvelle direction, йclairйe et entreprenante, ne cache point ses ambitions : elle entend abandonner, pas а pas et avec prudence, le schйma totalitaire dont le potentiel est йpuisй, et mettre en place un rйgime constitutionnel autori­taire qu'elle prйsente comme un «Etat socialiste de droit».

Comme d'habitude, le ton est donnй par le parti lйniniste, qui se dйfinit comme le «moteur des changements rйvolution­naires». C'est bien le parti qui a dйcidй, lors de sa Confйrence de juin 1988, de fixer pour l'ensemble de la sociйtй ce que l'on pourrait appeler des «normes fondamentales pour la vie de tous les jours». La dite sociйtй, reconnaissante, n'avait pas eu le loisir de se ressaisir face а ce cadeau qu'on lui en faisait un autre, celui d'»Etat socialiste de droit», et que dйjа les ma­nipulateurs obscurs passaient а l'action et s'octroyaient un droit d'initiative pour proposer une nouvelle lйgislation.

Cette conception d'une perestroпka non dйmocratique, l'ap­pareil l'a mise en exйcution en alliance avec les forces con­servatrices de droite. Cette alliance est clairement de nature tactique. Les uns et les autres traitent avec mйpris les «gau­chistes», les «ultraperestroпkistes», et les «йlйments anti-so­ciaux». Le «flair de classe» n'a pas trompй la direction du parti. Mais il lui a fait perdre de nombreux partisans.

Dans le domaine йconomique, divers projets contradictoi­res s'entrechoquent. Les partisans de l'йconomie de marchй et les monйtaristes йtant en disgrвce, on en revient а l'йtemelle «autonomie comptable» (khozrastchet). La fameuse «rйforme йconomique radicale» a йpuisй ses possibilitйs : le marchй socialiste, mi-libйralisй, mi-abandonnй, reste ligotй par les dйcrets des ministиres spйcialisйs; les entreprises, pieds et poings liйs, se dйbattent dans les marйcages du systиme. Les coopйratives voient leur statut dйfavorisй par rapport aux entreprises d'Etat. Les «collectifs de travailleurs», ces йquipes encouragйes а fonctionner de maniиre autonome, ne bйnйfi­cient pas d'un accиs rationnel aux moyens de production.

Si l'on peut enregistrer des progrиs dans le domaine des droits de l'homme, les engagements pris par l'URSS devant la communautй internationale sont encore loin d'кtre respec­tйs. Une demi-transparence octroyйe et dosйe parles autoritйs, une presse toujours censurйe et des йcoutes tйlйphoniques toujours branchйes, ce n'est pas encore la libertй d'expression. La mansuйtude йpisodique que les comitйs du parti manifes­tent а l'йgard des organisateurs de meetings, ce n'est pas encore la libertй de rassemblement. Le dйveloppement des groupes informels, toujours non reconnus en droit et sans ressources, ce n'est pas encore la libertй d'association. Les trois libertйs conquises au dйbut du siиcle, libertйs d'expression, d'associa­tion et de rassemblement, restent jusqu'а prйsent le rкve lointain de ceux qui aspirent а la dйmocratie. Quant а la question maudite de l'empire, celle des rapports entre les nationalitйs, elle est encore exacerbйe par le non-respect du droit des peuples а disposer d'eux-mкmes et du droit des rйpubliques fйdйrйes а la sйcession. Soulignons enfin que la notion d'«Etat de droit» implique que la loi limite les prйro­gatives de l'Etat; en URSS jusqu'а prйsent, la loi limite les droits du citoyen.

Les identitйs politiques

Notre sociйtй se voit offrir une chance historique de par­ticiper а l'йvolution du systиme politique, йconomique et social. Ce pari est risquй pour le rйgime. En effet, les masses com­mencent а prendre conscience de leur situation et peuvent devenir le fossoyeur du systиme dont elles sont la victime. Cette prise de conscience ne s'est pas fait attendre; elle se manifeste notamment par la multiplication des acteurs qui participent а l'actuel processus politique. Plusieurs tendances se distinguent. Je les regrouperai dans les catйgories suivantes dont les appellations sont miennes.

1/Les «rйformateurs-modemisateurs» : ce sont les parti­sans йclairйs de la modernisation autoritaire du rйgime actuel (nous les avons caractйrisйs plus haut). Ils dйfendent la nй­cessitй des rйformes а partir de leur foi dogmatique dans le socialisme scientifique et d'arguments rationnels. Fidиles au lйninisme et а la rйvolution d'Octobre, ils condamnent nйan­moins les «dйformations staliniennes».

2/ Les «conservateurs socialistes» : ils constituent le «bйton dйmocratique». Dйfenseurs du socialisme d'Etat conзu comme un systиme de redistribution centralisйe, totale et contrфlйe par l'appareil, ils ne veulent pas et ne peuvent pas renoncer aux principes du socialisme rйel.

3/«Le parti technocratique de l'ordre» : c'est l'armйe des technocrates et des fonctionnaires prйoccupйs par la dйgrin­golade des structures du systиme. Produits du systиme de com­mandement administratif, piиces de rechange du systиme de redistribution totale, ils reprйsentent une base potentielle pour la «dйmocrature» qui pourrait кtre appelйe а reconstruire la stabilitй du mйcanisme йtatique. C'est la base convoitйe par les partisans du modиle autoritaire et d'un fort pouvoir centraliseur.

4/«La majoritй silencieuse» : c'est la masse passive dont la force d'inertie joue а l'encontre des partisans du change­ment. Mйfiante envers le pouvoir, mais dйpourvue d'instinct dйmocratique, elle a encore moins confiance en ceux qui se battent pour les rйformes. Vaguement consciente de son infйrioritй matйrielle et spirituelle, tenaillйe par la peur et par l'obscurantisme, elle porte en elle de l'agressivitй. Placйe devant un choix, elle soutiendra les forces conservatrices.

5/Les «populistes» (narodniki) : il s'agit des courants de tendance populiste-dйmocratique qui attirent la multitude des partisans de l'«action populaire». Ils jouent un rфle positif dans la politisation de la population, sans pouvoir toujours assurer l'articulation des nouvelles forces culturelles et politiques. Ils compensent leur faible conscience politique par la surenchиre йmotionnelle dont ils imprиgnent chaque action de masse. Les multiples «fronts populaires» qui regroupent nos «populistes» sont placйs sous le signe de l'йcologie, du territoire, de l'histoire patriotique. La forte prйsence du lumpen-proletariat dans ces structures pose le grave problиme de savoir comment canaliser leur activitй.

6/ Les «nationalistes radicaux» : les mouvements nationa­listes sont depuis 1988 au premier plan de la lutte pour le renouveau. Dans les conditions de dйcomposition de l'empire et d'affaiblissement du centre il ne pouvait en кtre autrement. Je suis toutefois loin de partager l'enthousiasme qu'ils suscitent car ils sont souvent porteurs de discrimination, d'agressivitй et de dйmagogie.

7/ «Messieurs les libйraux»1 : il s'agit de nos intellectuels d'office, des tйnors de la perestroпka, des rйvoltйs des Unions des йcrivains et autres crйateurs qui йcrivent pour la glasnost. En bref, ce sont les йclaireurs de la raison. Ils manient fort bien la plume et la parole et trouvent un certain plaisir а fronder (pas toujours sur les questions fondamentales). Ils se caractйrisent par un refus dйdaigneux (ou bien est-ce de l'incapacitй ?) а participer au combat rйel du mouvement dйmocratique. Ils jouent sans conteste le rфle de porte-parole de la politique de perestroпka et de glasnost conduite par le parti.

8/«L'alternative constructive» : ce sont des clubs et des associations autonomes, des groupes de citoyens qui se sont donnй pour tвche de formuler et de mettre en њuvre des projets individuels et collectifs indйpendants dans les domaines de la lйgislation, la dйfense juridique, l'information et l'йdition, les relations civiques, la dйfense sociale, l'autogestion des as­sociations les plus diverses (territoriales, de production, nationales, religieuses, etc.). En dйpit du fort йlan qui porte le mouvement dйmocratique, les partisans de l'alternative constructive sont encore peu nombreux. Ils ne sont toujours qu'une mince couche йclairйe de jacobins sans peuple2 mкme

1. Expression qui appartient au vocabulaire lйniniste. (N.d.T.)

2. Cf. la dйfinition par Lйnine du parti bolchevique : «le jacobin liй а l'organisa­tion du prolйtariat qui a pris conscience de ses intйrкts de classe» (1904). (N.d.T.)

 si l'on peut y discerner des racines pour de futurs partis : social-dйmocrate, dйmocrate-chrйtien, libйral-radical.

Notons que les partisans de ^alternative constructive» subissent l'opprobre unanime de tous les autres courants. Ils sont accusйs d'inaction et d'esprit destructeur, de bavardage et de dйmagogie, et d'agir contre le systиme. Pourtant, ils ont dйjа fait preuve de leurs capacitйs aussi bien sur le plan or-ganisationnel que sur le plan idйologique.

La pression d'en bas

Les quatre annйes qui ont suivi «le Grand Avril»3 ont dйmontrй l'incapacitй organique de la direction politique а prendre des dйcisions dйmocratiques et а les rйaliser. Or, en 1985, les autoritйs n'йtaient pas encore soumises а une pres­sion sociale significative. C'йtait plutфt le poids des problиmes accumulйs dans la gestion du pays qui contraignait le pouvoir а agir. Aujourd'hui, les problиmes demeurent et la pression sociale devient une rйalitй. La marge de manњuvre du pouvoir s'est rйtrйcie. L'occasion de mettre le pays en mouvement a йtй manquйe. Rien n'a йtй fait pour crйer des rйserves en capital et en marchandises ni, plus important encore, pour assurer un capital de confiance. N'oublions pas que la Russie est le pays de la pensйe irrationnelle oщ les critиres de la rationalitй йconomique, de l'йgalitй sociale et de la dйmocratie n'ont pas cours. Ce qui compte chez nous, c'est la foi, la confiance, la soif de vйritй absolue et le besoin de tranquillitй morale. Notre peuple est aujourd'hui, comme du temps de Dostoпevski, «moralement inquiet». Il serait prкt а croire en un ordre nouveau, mais il ne s'y reconnaоt pas et n'en voit pas les rйsultats. Beaucoup d'erreurs ont йtй commises, avant comme pendant la perestroпka.

3. Avril 1985 : date fйtiche du premier plйnum du Comitй central du PCUS rйuni aprиs la nomination de Mikhaпl Gorbatchev au poste de Secrйtaire gйnйral du Parti. On rencontre dans la presse soviйtique de frйquentes rйfйrences а «Avril», selon une formule rйservйe jusqu'alors а «Octobre» pour la rйvolution d'Octobre. (7V. йd.)

La crise de confiance, tel est bien le problиme crucial. Le mйcontentement accru des citoyens risque de faire sauter la soupape de sйcuritй. Les espoirs perdus sont cent fois plus explosifs que l'absence d'espoir.

L'alternative : socialisme dйmocratique et dйmocratie sociale

Le dйgel des annйes 1960 avait rйhabilitй la gйnйtique et la sociologie. La glasnost des annйes 1980 a rйhabilitй les notions de pluralisme et de parlementarisme, d'Etat de droit et de sociйtй civile. La rййvaluation des valeurs conduit а un bouleversement des esprits autour de la question «Qu'est-ce que le socialisme ?» а laquelle la Roumanie et la Corйe du Nord donnent une rйponse toute particuliиre. Nous devons mettre toutes nos forces dans l'йpurement du socialisme dйmocratique de toute idйologie et pratique totalitaire.

Le nouveau sens du socialisme dйmocratique doit se fonder sur l'humanisme comme idйologie politique et comme psycho­logie sociale, un humanisme dirigй tout entier vers la libйration de l'individu du totalitarisme. Les principes de base sont la souverainetй et la libertй de choix de l'individu dans la sociйtй, dans son environnement social.

Les partisans du «socialisme rйel» s'appuyaient toujours sur la notion sacrйe du travail dont les vertus йgalisatrices assureraient le nivellement politique et йconomique. Mais cet йgalitarisme n'a pas apportй le bien-кtre et la prospйritй. A notre avis, pour atteindre la prospйritй et la possibilitй pour chacun d'y participer, il faut d'abord garantir la libertй des choix. Or cette libertй de choix suppose un niveau de culture et de conscience politique йlevй chez les citoyens. En Russie, ce point est tout а fait crucial. En effet, il n'est guиre facile de parler d'un idйal йthique dans un. pays oщ l'on tolиre la goujaterie et le recours а la coercition et oщ les relations entre individus dйmontrent une pauvretй culturelle criante.

Si nous voulons prendre vraiment notre place dans la communautй civilisйe des nations, nous devrons nous dйtacher de l'idйal d'une nouvelle Russie, d'une renaissance culturelle proprement russe. Il nous faut dйpasser la divergence entre slavophiles et occidentalistes. Car ce n'est pas en ravivant cette querelle que nous rйsoudrons la «question russe».

Nous, les partisans du socialisme dйmocratique, sommes prкts а lutter de concert avec les tenants du libйralisme sur le terrain des libertйs civiques, de la garantie des droits des citoyens et de la souverainetй des institutions parlementaires. Cependant, contrairement aux libйraux, nous croyons а la communautй, а la participation а l'ensemble social, а la libertй pour la sociйtй et pas seulement pour l'individu. Nous dйfen­dons les notions de collectivisme et de socialisme dans leur sens premier. Ainsi, le marxisme-lйninisme garde sa place dans le bagage idйologique de la social-dйmocratie.

La transformation des valeurs et de l'йthique doit s'ac­compagner d'un dynamisme social et d'une activitй civique soutenus. Chaque citoyen doit se sentir responsable et actif. C'est sur cette base que notre mouvement social-dйmocratique a dйfini ses principes et son programme, regroupйs ici en cinq

tкtes de chapitre.

l/Objectifs prioritaires : les problиmes sociaux.

Rйalisation des intйrкts et des besoins immйdiats (et non «fondamentaux») des citoyens. L'йquilibre social, la rйgulation sociale et la sйcuritй des citoyens sont des facteurs intimement liйs. Garantie des droits sociaux et des intйrкts des travailleurs, tels que le droit de grиve, la rйforme des syndicats, l'intro­duction du pluralisme syndical, l'indexation des salaires, la suppression des privilиges, la protection des travailleurs contre les retombйes de la modernisation йconomique. Une politique sociale active doit viser а arrкter la dйtйrioration de la qualitй

de la vie et а stimuler son amйlioration.

2/Dйmocratie йconomique et rйforme йconomique rйelle. Le dйveloppement libre des forces de production, rйglй par

l'augmentation de la richesse collective et du bien-кtre

individuel, exige :

- la crйation des bases йconomiques et organisationnel-

les des formes contemporaines de la propriйtй collective;

- des garanties pour toutes les formes de propriйtй et de production, pour la libre entreprise et la libre initiative, en premier lieu dans l'agriculture; le dйveloppement des fermes coopйratives qui sont autant de moyens d'affranchissement de la paysannerie et de solutions du problиme d'approvision­nement;

- la crйation d'un marchй libre de toutes les ressources (financiиres, d'information, de travail) et de tous les moyens de production; la suppression de la plupart des ministиres de branche et la rйorganisation des autres.

- la fin du systиme des prix, bureaucratique et chaoti­que, avec le maintien d'un monopole de la production, le freinage de l'inflation, la rйduction des productions non rentables; une diminution drastique des dйpenses des appa­reils administratif, militaire et policier;

- la reconnaissance des prйrogatives rйelles des Conseils des collectifs de travail et des autres instances de l'autogestion dйmocratique;

3/ Dйmocratisation du systиme politique. Garanties juri­diques et politiques pour la transformation pacifique et libre du pouvoir monopoliste :

- libertй des associations qui ne pratiquent pas et qui n'appellent pas а la violence; passage progressif au systиme pluraliste, а la dй-idйologisation;

- nouvelle loi йlectorale, rйalisation d'йlections йgales et directes; libertй des candidatures et suppression de la reprй­sentativitй corporatiste;

41 Respect de l'autonomie de toutes les formes sponta­nйes de l'autogestion, de toutes les formes d'association qui sont les cellules de base du socialisme dйmocratique autoges­tionnaire.

- Une attention particuliиre doit кtre accordйe au pro­blиme national. Le principe fйdйratifdoit кtre considйrй comme la base des rapports des Rйpubliques entre elles et avec le pouvoir central. Une nouvelle Alliance doit кtre signйe. Les sociaux-dйmocrates russes sont des internationalistes consй­quents et ils aspirent а repenser le statut de leur nation comme membre йgal et libre de la famille des nations. Nous main­tenons notre soutien aux mouvements de libйration nationale tant а l'intйrieur de l'Union qu'au-delа de ses frontiиres.

5/Elaboration des normes de la vie civilisйe. Education de la population; une action visant а faire assimiler les principes logiques, йthiques et juridiques а des couches sociales de plus en plus larges. Il s'agit lа d'un facteur subjectif du processus historique, mais celui-ci joue un rфle primordial dans les conditions qui sont les nфtres pour atteindre un stade supй­rieur de la civilisation et de la conscience des masses en Russie.

La mise en њuvre de ces principes exigera un combat permanent contre un systиme figй, contre l'absence de culture et, surtout, contre les fantфmes de la «foi aveugle». Pour cela, le mouvement du socialisme dйmocratique doit кtre porteur d'une alternative non seulement au plan des idйes mais aussi au plan de l'organisation et de l'activitй politiques.

Juin 1989

 

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